Votre nom de domaine, c'est l'adresse de votre site, mais aussi celle de toutes vos adresses e-mail. Le jour où il expire ou vous échappe, ce n'est pas seulement votre site qui disparaît : ce sont aussi les e-mails de toute votre équipe.
Au Maroc, l'extension .ma est gérée par l'ANRT, l'Agence nationale de réglementation des télécommunications. Ses règles ont été revues en profondeur par une décision de 2024, et de nouveaux justificatifs sont exigés depuis fin 2025. Chez DEVAGA, nous enregistrons et gérons les noms de domaine de nos clients, et nous avons accompagné de nombreux transferts. Voici ce qu'il faut savoir avant d'acheter un .ma, et pour ne jamais le perdre.
.ma, .co.ma ou .com : lequel choisir ?
Le .ma ancre votre entreprise au Maroc. Il rassure vos clients locaux, et il indique aussi à Google que votre site s'adresse d'abord au public marocain. Autre avantage : les noms courts et parlants y sont souvent encore disponibles, là où le .com est saturé depuis longtemps.
Le .com reste le choix naturel si vous visez aussi l'international, ou si vos clients sont en grande partie à l'étranger.
Les extensions descriptives sont moins connues. La décision de l'ANRT en prévoit plusieurs :
Extension | Destinée à |
|---|---|
.co.ma | Les activités commerciales |
.net.ma | Notamment les fournisseurs de services internet |
.org.ma | Les associations, fondations et organisations assimilées |
.ac.ma | Les établissements d'enseignement autorisés |
.press.ma | Les organismes de presse déclarés |
.gov.ma | Les ministères, administrations et représentations diplomatiques |
Les trois dernières sont réservées : il faut prouver son droit au nom, et la demande est examinée au préalable par l'ANRT.
Notre conseil : si votre marché principal est le Maroc, prenez le .ma. Si vous travaillez aussi à l'étranger, réservez les deux et faites pointer l'un vers l'autre. C'est ce que nous faisons pour DEVAGA : devaga.ma redirige automatiquement vers devaga.com. Vous protégez votre marque, et personne ne peut s'installer sur « votre » nom dans l'autre extension.
Les règles à connaître avant d'acheter
Quelques règles de la décision de l'ANRT évitent bien des surprises :
On ne l'achète pas directement auprès de l'ANRT, mais auprès d'un prestataire agréé, qui fait l'enregistrement pour vous.
Premier arrivé, premier servi. Le nom doit être libre ; vous pouvez le vérifier dans l'annuaire « WHOIS » du registre .ma. Une demande standard est traitée en un jour ouvrable au maximum.
Les caractères autorisés : lettres (accents compris), chiffres et trait d'union, avec un maximum de 63 caractères. Un nom ne peut pas commencer ou se terminer par un trait d'union, ni comporter un seul caractère.
Un contact au Maroc est obligatoire. Que le titulaire soit domicilié au Maroc ou à l'étranger, il doit être représenté par un « contact administratif » : une personne physique établie au Maroc, avec une adresse postale et une adresse e-mail valides.
La revente est interdite. Le titulaire utilise son nom pour ses propres besoins ; la mise en vente de noms de domaine .ma est strictement interdite par la décision.
Certains termes sont réservés et ne peuvent être enregistrés qu'après un examen préalable de l'ANRT.
Les justificatifs exigés depuis novembre 2025
Depuis le 3 novembre 2025, en application de cette décision, toute demande d'enregistrement ou de transfert d'un .ma doit être accompagnée de justificatifs, comme l'ont annoncé les prestataires agréés :
pour un particulier : une copie de la carte nationale d'identité, du passeport ou du titre de séjour ;
pour une entreprise : une copie du registre de commerce, de l'ICE ou d'un document équivalent ;
les administrations et établissements publics en sont dispensés.
Les noms déjà enregistrés étaient aussi concernés : leurs titulaires devaient mettre à jour leurs informations et fournir ces documents avant le 28 décembre 2025, sous peine de suspension. Si vous n'êtes pas certain que ce soit fait pour le vôtre, posez la question à votre prestataire sans attendre.
Combien coûte un nom de domaine .ma ?
Le prix est fixé par chaque prestataire. Sur le marché, un .ma coûte en général entre une centaine et quelques centaines de dirhams par an.
Vous pouvez l'enregistrer pour une durée allant jusqu'à cinq ans, et le renouveler à tout moment. Pour un nom important pour votre activité, réserver plusieurs années d'un coup est souvent une sage précaution.
Surtout, ne choisissez pas un prestataire uniquement sur le prix de la première année. Ce qui compte, c'est le prix du renouvellement, la réactivité du support, et la facilité avec laquelle vous pourrez récupérer votre nom si vous changez de prestataire.
Le piège n°1 : à qui appartient vraiment votre domaine ?
Dans le registre, un nom de domaine a un titulaire : c'est lui, et lui seul, qui en est propriétaire. Le contact administratif, même s'il reçoit tous les messages, n'a aucun droit sur le nom.
Le piège classique, que nous évoquions déjà dans notre article sur le prix d'un site web au Maroc : un prestataire enregistre le domaine à son propre nom. Tant que tout se passe bien, personne ne s'en rend compte. Le jour où vous voulez changer d'agence, ou si le prestataire disparaît, vous découvrez que votre adresse ne vous appartient pas.
Vérifiez-le dès aujourd'hui : faites une recherche « WHOIS » sur votre nom de domaine. Le titulaire doit être votre entreprise, et le contact administratif une personne qui fait toujours partie de votre organisation.
Expiration : ce qui se passe si vous oubliez de renouveler
La décision de l'ANRT prévoit plusieurs filets de sécurité :
Au moins 30 jours avant l'échéance, votre prestataire doit vous prévenir de la date d'expiration.
Une fois expiré, le nom entre dans une période de grâce de 30 jours, pendant laquelle il est gelé. Votre prestataire doit à nouveau vous prévenir avant la fin de cette période.
Pendant cette période, le nom peut être résilié, à votre demande ou à l'initiative du prestataire. S'il ne l'est pas, il est renouvelé pour un an et facturé.
Un nom résilié peut être bloqué jusqu'à 30 jours, puis il est supprimé et redevient libre pour n'importe qui.
Sur le papier, c'est rassurant. Dans la réalité, ces avertissements partent vers l'adresse e-mail du contact administratif. Si c'est l'adresse d'un ancien salarié, d'un ancien prestataire ou une boîte que personne ne consulte, personne ne les lit. Un nom bloqué, c'est un site inaccessible et des e-mails qui ne passent plus.
C'est pour cela que nos clients nous confient la gestion de leurs domaines : nous suivons les échéances, nous les prévenons avant l'expiration et nous nous occupons du renouvellement.
Changer de prestataire : le code d'autorisation
Vous voulez déplacer votre nom de domaine chez un autre prestataire ? La procédure repose sur un code d'autorisation, souvent appelé « code EPP » ou « code de transfert ».
Vous le demandez à votre prestataire actuel, qui doit vous le fournir dans un délai de deux jours ouvrables et lever le verrouillage du nom.
S'il ne le fait pas, l'ANRT peut vous le transmettre directement, une fois informée.
Vous donnez ce code à votre nouveau prestataire, qui lance le changement.
L'ancien prestataire a deux jours ouvrables pour valider ou s'opposer, en justifiant son refus auprès de l'ANRT. Sans réponse de sa part, le changement se fait automatiquement.
La durée restante de votre enregistrement vous reste acquise.
Nous avons accompagné de nombreux transferts de domaines. Quand ça bloque, c'est rarement pour une raison technique : le plus souvent, l'ancien prestataire tarde à répondre, le contact administratif n'est plus à jour, ou le domaine n'est pas au nom du bon titulaire.
Changer de titulaire : le transfert volontaire
Changer de prestataire ne change pas le propriétaire. Pour transférer un nom de domaine d'un titulaire à un autre, par exemple lors de la vente d'une activité ou pour récupérer un nom enregistré au nom d'un ancien prestataire, il existe une autre procédure : le transfert volontaire.
L'ancien et le nouveau titulaire signent un formulaire, que le prestataire transmet à l'ANRT dans les deux jours ouvrables. L'ANRT se prononce ensuite dans un délai de cinq jours ouvrables. Sans l'accord du titulaire actuel, il faut passer par d'autres voies, comme une décision de justice ou une procédure de règlement des litiges.
Notre approche chez DEVAGA
Nous enregistrons les noms de domaine de nos clients auprès de prestataires agréés par l'ANRT, au nom de leur entreprise. Nous suivons ensuite les échéances, nous préparons les justificatifs, et nous prenons en charge les transferts quand un client nous rejoint avec un domaine géré ailleurs.
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À propos de l'auteur
Abdelhamid Boukhrisse
Entrepreneur et cofondateur de DEVAGA. Depuis 2016, j'accompagne des entreprises au Maroc et à l'international dans leurs projets web et mobiles.